La communication interpersonnelle ou en public diffère beaucoup. Lorsque vous êtes chef d'entreprise, leader d'un groupe, dirigeant de société, vous avez parfois la nécessité de vous exprimer en public et cela fait partie de la communication d'entreprise. Cela se prépare et notamment parce qu'il est impossible d'improviser dès lors que l'on ne dispose pas d'expérience en communication, nous vous invitons à réfléchir à plusieurs points un peu à la manière du commercial qui prépare ses entretiens de vente.
Dans tous les cas, il est autorisé de ne pas réussir la première fois !

La communication envers le public en réunion ou en conférence

Si vous êtes invité(e) à participer à un événement quelconque (une conférence métier par exemple), votre auditoire ne sera pas le même que celui que vous pouvez avoir plus habituellement en réunion au sein de votre entreprise. Dans les deux cas, des techniques de communication existent pour vous mettre à l'aise et surtout vous faire comprendre et capter l'attention du public.
Il est toujours difficile de capter l'attention d'un public.
Pour y parvenir, il faut faire preuve d'empathie, de charisme, de savoir et de technique de communication. Sur ces quatre points, il faut travailler. Par exemple, si vous n'avez rien à dire (parce que vous n'avez pas préparé votre intervention), votre charisme ne servira à peu près à rien. De même, si vous comptez capter l'attention du public sur votre savoir sans user de techniques de communication, cela ne durera pas longtemps. Au registre des éléments à travailler, la voix joue un rôle très important dans l'attention ; Si elle est placée dans le medium, elle va endormir le public, ce qui nécessite de moduler et d'osciller entre les graves et les aigus. Si des visuels sont fortement recommandés, c'est avant tout la structure du discours qui permet de capter l'attention. Fuyez les présentations sous formes de diapositives sur lesquelles vous basez tout votre fil conducteur, c'est inutile et contreproductif. Privilégiez l'image et quelques lignes de textes occasionnelles, plutôt sous forme de messages. Laissez votre auditoire prendre la mesure du document que vous lui présentez avant d'enchaîner.
Le diaporama est toujours un risque dans la mesure où certaines personnes auront besoin de celui-ci pour s'accrocher et d'autres pour décrocher, structurez avant tout votre discours.

Conseils sur la préparation à l'intervention en public

Si vous devez intervenir en conférence, nous vous conseillons avant tout de vous informer sur la nature de l'auditoire en demandant à l'organisateur quels type de public vous aurez. On ne s'adresse pas en effet de la même manière auprès d'initiés sur vos savoirs ou auprès d'un public plus large. De là, votre préparation en dépend. Fixez-vous des objectifs à la manière des commerciaux. Vous capterez plus facilement l'attention si vous suscitez l'intérêt et facilitez la compréhension. De la même manière encore que le commercial, pensez pour l'ensemble du discours que vous préparez justement à l'avance en terme de produit : Quelles sont les caractéristiques, les avantages, la preuve. Plus vous êtes enclin à lier théorie et pratique, pus vous êtes écouté. Si vous n'avez jamais parlé en public, faites l'exercice avec un ou des proches pour avoir un regard extérieur. Nous n'abordons pas ici la question de la gestuelle mais celle-ci est déterminante aussi pour faire passer les messages et faciliter compréhension et intérêt. Devant vos propres équipes, ces principes valent tout autant pour les réunions de service, qui restent l'un des meilleurs moyens d'améliorer la communication interne.

Réussir les premières minutes de l'intervention

Les premiers instants d'une prise de parole fixent le niveau d'attention que l'auditoire vous accordera ensuite. Le public se fait très vite une idée de l'orateur : son assurance, son intérêt pour le sujet, sa considération pour ceux qui l'écoutent. Évitez donc de commencer par des excuses (« je ne suis pas un grand orateur », « je vais essayer d'être bref ») ou par une longue présentation de votre parcours. Ces entrées en matière installent une attente faible et laissent penser que l'essentiel viendra plus tard.

Plusieurs accroches fonctionnent bien, à choisir selon votre aisance et la nature du public :

  • la question posée à la salle, à condition qu'elle concerne directement les participants et qu'elle appelle une réponse simple, à main levée par exemple ;
  • l'anecdote vécue, courte et liée au sujet, qui donne un visage humain à votre propos ;
  • le constat qui surprend, tiré de votre activité, qui bouscule une idée reçue de votre secteur ;
  • l'annonce du bénéfice : ce que les participants sauront faire ou comprendront à la fin de votre intervention.

Une fois l'accroche posée, annoncez brièvement votre plan. Deux ou trois parties suffisent. Le public sait ainsi où vous l'emmenez et peut se repérer en cours de route, ce qui limite les décrochages.

Entretenir l'attention tout au long du discours

L'attention d'un auditoire n'est jamais acquise une fois pour toutes. Elle baisse naturellement au bout de quelques minutes d'écoute passive, surtout après un repas, en fin de journée ou lorsque plusieurs intervenants se succèdent. Votre rôle consiste à relancer régulièrement l'intérêt, sans pour autant multiplier les effets.

Quelques procédés simples permettent de garder le public avec vous :

  • Changer de rythme toutes les quelques minutes : passer d'une explication à un exemple, d'un exemple à une question, d'une question à une courte synthèse ;
  • Raconter plutôt qu'énumérer : un cas client, une difficulté rencontrée par votre équipe ou une décision que vous avez dû prendre retiennent mieux l'écoute qu'une liste de principes ;
  • Soigner les transitions : « nous avons vu pourquoi…, voyons maintenant comment… ». Ces phrases de liaison permettent à ceux qui ont décroché de raccrocher ;
  • Récapituler à mi-parcours en une ou deux phrases, pour fixer les idées déjà exposées ;
  • Solliciter la salle par un vote à main levée, une question ouverte ou un court échange avec un participant.

Le contenu lui-même compte autant que la forme. Un discours qui reste au niveau des généralités lasse vite. Chaque idée gagne à être illustrée par un fait concret, un résultat de votre entreprise que vous maîtrisez ou une situation que vos auditeurs reconnaissent. Plus le public se retrouve dans vos exemples, plus il reste attentif.

Le regard, la posture et le silence

Le regard est le premier outil de l'orateur. Balayez la salle lentement, en vous arrêtant quelques secondes sur différentes personnes, à gauche, au centre, à droite et au fond. Chacun doit avoir le sentiment que vous vous adressez à lui. À l'inverse, fixer ses notes, l'écran ou un point au plafond coupe le lien avec l'auditoire.

Côté posture, tenez-vous droit, les deux pieds bien ancrés au sol, et évitez de vous balancer d'une jambe sur l'autre. Les mains peuvent accompagner le propos par des gestes ouverts, à hauteur de la taille. Ce qui gêne le public, ce sont surtout les gestes parasites : jouer avec un stylo, faire cliquer la télécommande, garder les mains dans les poches ou les bras croisés. Si la salle le permet, quelques déplacements maîtrisés, par exemple au moment de changer de partie, aident à rythmer l'intervention.

Le silence, enfin, est un allié sous-estimé. Une pause de deux ou trois secondes avant une idée importante attire l'attention plus sûrement qu'une hausse de volume. Elle laisse aussi au public le temps d'assimiler ce que vous venez de dire. Beaucoup d'orateurs débutants comblent chaque blanc par des « euh » ou des « voilà ». S'entraîner à les remplacer par un court silence améliore nettement la qualité perçue du discours.

Gérer le trac et les imprévus

Le trac est normal, y compris chez les intervenants expérimentés. Il ne disparaît pas totalement, mais il se canalise. La meilleure parade reste la préparation : connaître parfaitement son introduction et sa conclusion permet de démarrer et de finir avec assurance, même si le cœur de l'intervention reste plus libre.

Quelques habitudes aident à aborder le moment sereinement :

  • arriver en avance pour découvrir la salle, tester le micro, vérifier l'affichage de vos supports et repérer où vous vous tiendrez ;
  • respirer lentement avant de prendre la parole, en expirant plus longuement que vous n'inspirez ;
  • garder une bouteille d'eau à portée de main ;
  • préparer des notes sous forme de mots-clés plutôt qu'un texte rédigé, pour ne pas être tenté de lire.

Les imprévus font partie de l'exercice : un vidéoprojecteur qui ne fonctionne pas, un temps de parole réduit à la dernière minute, une question hors sujet ou un participant qui conteste vos propos. Prévoyez une version courte de votre intervention et sachez quelles parties vous pouvez supprimer sans perdre le fil. Face à une objection, remerciez, reformulez la question pour vous assurer de l'avoir comprise, puis répondez simplement. Si vous ne connaissez pas la réponse, dites-le et proposez de revenir vers la personne : le public apprécie davantage l'honnêteté qu'une réponse improvisée.

Adapter son intervention au format

Une même présentation ne se donne pas de la même façon dans tous les contextes. En réunion interne, le public vous connaît, connaît l'entreprise et attend surtout des informations claires et des décisions : allez droit au but, dites ce qui change pour chacun et laissez du temps aux questions. En conférence ou en table ronde, vous êtes souvent comparé aux autres intervenants : un message central bien identifié et quelques exemples marquants vous distingueront davantage qu'une démonstration exhaustive.

Sur un salon ou lors d'une présentation à des prospects, l'attention est encore plus fragile, car le public passe d'un stand à l'autre et reste peu de temps. Préparez une version très courte de votre message, de l'ordre de quelques phrases, capable de susciter une question. Devant des partenaires financiers, enfin, la clarté prime : un plan net, des données que vous savez expliquer et des réponses précises aux objections prévisibles.

S'entraîner pour progresser

L'aisance à l'oral se travaille comme n'importe quelle compétence. Filmez-vous lors d'une répétition, même avec un simple téléphone : vous repérerez vite vos tics de langage, un débit trop rapide ou un regard qui fuit. Demandez à un collaborateur de confiance de vous faire un retour franc sur deux ou trois points précis plutôt qu'un avis général. Multipliez aussi les occasions courtes, comme une présentation de cinq minutes en réunion d'équipe ou un mot d'accueil lors d'un événement : elles installent des réflexes que vous retrouverez le jour d'une intervention plus exigeante. Si l'enjeu est important, une formation à la prise de parole, en petit groupe et avec mises en situation filmées, accélère souvent les progrès.

Les erreurs qui font décrocher un auditoire

Certaines maladresses reviennent souvent et suffisent à perdre l'attention d'une salle, même avec un sujet intéressant :

  • Dépasser le temps imparti : c'est souvent ce que le public et l'organisateur retiennent en premier, et cela pénalise l'intervenant suivant ;
  • Vouloir tout dire : trop d'informations noient l'essentiel. Mieux vaut trois idées bien développées que dix survolées ;
  • Employer un jargon interne ou des sigles que seuls vos collaborateurs comprennent ;
  • Parler de soi plutôt que du public : l'auditoire se demande en permanence ce que votre propos lui apporte ;
  • Lire ses notes ou ses diapositives, ce qui donne une impression de manque de maîtrise ;
  • Terminer sans conclusion, par un simple « voilà, c'est tout » qui laisse la salle sur une impression floue.

Soigner la conclusion et l'après-intervention

La fin du discours est, avec le début, le moment que le public retient le mieux. Annoncez-la clairement (« pour terminer… ») : l'attention remonte presque toujours à ce signal. Résumez ensuite vos messages clés en quelques phrases, puis terminez par une formule qui marque : une question ouverte, une invitation à agir, un rappel de l'anecdote du début. Cette boucle donne une impression de cohérence et facilite la mémorisation.

Si un temps d'échange est prévu, préparez à l'avance les deux ou trois questions que l'on pourrait vous poser, et gardez-en une à lancer vous-même si la salle reste silencieuse. Après l'intervention, restez disponible quelques minutes : c'est souvent à ce moment que se nouent les contacts les plus utiles. Notez enfin à chaud ce qui a bien fonctionné et ce qui a moins porté. Ce retour d'expérience, renouvelé à chaque prise de parole, est la façon la plus sûre de progresser.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour préparer une intervention en public ?

Tout dépend de votre expérience et de l'enjeu, mais une intervention de vingt minutes demande rarement moins de quelques heures de travail : définir le message principal, construire le plan, rassembler les exemples, puis répéter à voix haute au moins deux fois. La répétition est l'étape la plus souvent négligée, alors que c'est elle qui permet de vérifier la durée réelle et de fluidifier les transitions.

Faut-il apprendre son texte par cœur ?

Non, sauf pour l'introduction et la conclusion. Un texte appris intégralement donne un ton récité et vous met en difficulté au moindre trou de mémoire. Mieux vaut maîtriser la structure et les idées clés, avec des notes sous forme de mots-clés, et laisser la formulation venir naturellement.

Comment capter l'attention lors d'une réunion en visioconférence ?

À distance, l'attention se disperse encore plus vite. Regardez la caméra plutôt que l'écran lorsque vous énoncez un point important, interpellez les participants par leur prénom, partagez des supports très visuels et prévoyez des moments d'interaction réguliers, par exemple un tour de table rapide ou un sondage intégré à l'outil. Les interventions gagnent aussi à être plus courtes qu'en présentiel.

Que faire si le public semble décrocher en cours de route ?

Ne poursuivez pas comme si de rien n'était. Changez de rythme : posez une question à la salle, racontez un exemple concret, proposez une courte pause si l'intervention est longue, ou faites une synthèse de ce qui a été dit avant de passer à la suite. Parfois, il suffit de vous déplacer ou de baisser légèrement la voix pour que l'attention revienne.

Peut-on utiliser l'humour pour capter l'attention ?

Oui, s'il vous ressemble et s'il sert le propos. Une remarque légère sur une situation que tout le monde connaît détend la salle et crée de la complicité. En revanche, une blague plaquée en ouverture tombe souvent à plat, et l'humour aux dépens d'une personne ou d'un groupe met le public mal à l'aise. Dans le doute, préférez une anecdote amusante qui vous concerne vous-même.

La méthode AIDA pour attirer l'attention

Les professionnels de la communication orale utilisent la méthode ou technique dite AIDA. Cette dernière donne de la structure à l'intervention et aide à capter l'attention. Voici la signification de l'acronyme :
  1. A pour Attirer l'attention (que ce soit par la voix, la présentation ou le sujet) ;
  2. I pour susciter l'Intérêt (en posant des questions) ;
  3. D pour déclencher le désir de vous écouter (anticiper certaines questions particulièrement) ;
  4. A pour Action pour conquérir le public (fixer du regard, estimer dans les yeux du public la qualité de l'écoute).
Il s'agit ici d'une méthode très utilisée par les commerciaux et étudiée dans les BTS NDRC (Ex NRC : Négociation et Digitalisation de la Relation Client). On l'utilise dans les entretiens de vente, voire dans les courriers et lettres que l'on envoie et elle a fait largement ses preuves y compris pour capter l'attention d'un public dans une conférence. X.D