En micro-entreprise, vos cotisations sociales se calculent en pourcentage de votre chiffre d'affaires. Cet outil estime ce que vous versez à l'URSSAF, votre impôt éventuel (versement libératoire) et surtout ce qu'il vous reste réellement.

Calculateur micro-entreprise : du chiffre d'affaires au net

Estimez vos cotisations sociales, votre impôt (si vous avez opté pour le versement libératoire) et votre revenu net, selon votre activité. Taux indicatifs — vérifiez votre situation auprès de l'URSSAF ou d'un expert-comptable.

Revenu net estimé (par an)
Cotisations sociales
Impôt (versement libératoire)
Taux de cotisations
Répartition de votre chiffre d'affaires
Net Cotisations Impôt
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Comprendre le régime de la micro-entreprise : du chiffre d'affaires au revenu net

Le régime de la micro-entreprise (l'ancienne « auto-entreprise ») est le plus simple pour se lancer, mais aussi le plus trompeur : parce qu'on n'y déduit aucune charge réelle, le chiffre d'affaires affiché n'a presque rien à voir avec ce qui atterrit sur le compte personnel. Entre cotisations sociales prélevées à la source, impôt sur le revenu et, parfois, cotisation foncière des entreprises, une part significative du CA repart avant même d'être disponible. Le calculateur ci-dessus vous donne un ordre de grandeur immédiat ; les sections qui suivent expliquent chaque mécanisme, ligne par ligne, pour que vous compreniez ce que le résultat recouvre réellement en 2026.

Le point de départ est toujours le même : la micro-entreprise n'est pas une forme juridique, c'est un régime fiscal et social simplifié qui s'applique à une entreprise individuelle tant que le chiffre d'affaires reste sous certains plafonds. Ce régime repose sur une logique forfaitaire : l'administration présume un niveau de charges par le biais d'un abattement, et les cotisations sont calculées en pourcentage direct du CA encaissé. Pour bien situer ce régime parmi les autres options, notre dossier consacré à la micro-entreprise détaille les démarches de création, les obligations déclaratives et les cas particuliers. Ici, nous nous concentrons sur le calcul : combien vous coûte vraiment ce régime, et à partir de quand il cesse d'être avantageux.

Les plafonds de chiffre d'affaires : la première frontière

Le régime micro est plafonné, et le plafond dépend de la nature de l'activité. En 2026, les seuils communément retenus sont de l'ordre de 188 700 € de chiffre d'affaires annuel pour les activités de vente de marchandises, de denrées à emporter ou à consommer sur place et de fourniture de logement (activités relevant des bénéfices industriels et commerciaux, dites « BIC vente »), et de 77 700 € pour les prestations de services relevant des BIC ainsi que pour les activités libérales relevant des bénéfices non commerciaux (BNC). Ces montants sont réévalués périodiquement ; il faut donc toujours vérifier la valeur en vigueur l'année concernée.

Ces plafonds obéissent à une règle de tolérance : le dépassement pour une seule année ne fait pas immédiatement basculer hors du régime. C'est le franchissement pendant deux années civiles consécutives qui entraîne la sortie du régime micro au 1er janvier suivant. Pour une activité mixte (vente et services), on applique un double plafond : le CA global ne doit pas excéder le seuil « vente », et la part de prestations de services ne doit pas dépasser le seuil « services ». La première année d'activité, les plafonds sont proratisés au nombre de jours d'activité, ce qui surprend souvent ceux qui démarrent en cours d'année.

Plafonds de CA annuel par type d'activité (2026)
BIC vente 188 700 € Services BIC 77 700 € BNC (libéral) 77 700 €

Lecture : le plafond « vente » est près de 2,4 fois plus élevé que le plafond « services », car la marge présumée y est plus faible.

Les cotisations sociales URSSAF : un pourcentage direct du CA

C'est la particularité la plus structurante du régime : vous ne cotisez pas sur un bénéfice, mais sur votre chiffre d'affaires encaissé, à un taux fixe qui dépend de l'activité. Aucune charge réelle n'est déduite avant ce calcul. En 2026, les taux de droit commun se situent, en ordre de grandeur, autour de 12,3 % pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les prestations de services commerciales et artisanales (BIC), et entre 21,1 % et 24,6 % pour les activités libérales (BNC) selon la caisse de rattachement et la nature de l'activité. La déclaration se fait mensuellement ou trimestriellement, et le prélèvement suit : si vous n'encaissez rien, vous ne cotisez rien.

Cette assiette « CA brut » explique pourquoi deux micro-entrepreneurs affichant le même chiffre peuvent avoir des situations économiques très différentes : celui dont l'activité exige peu d'achats conserve mécaniquement davantage, tandis que celui qui supporte de vrais frais (matériel, sous-traitance, déplacements) voit son revenu réel fondre, sans que ces frais ne réduisent d'un centime ses cotisations. C'est le principal angle mort du régime, et la raison la plus fréquente d'en sortir.

ActivitéPlafond CACotisations URSSAFVersement libératoire
Vente de marchandises (BIC)188 700 €~12,3 %1 %
Prestations de services (BIC)77 700 €~21,2 %1,7 %
Professions libérales (BNC)77 700 €~21,1 à 24,6 %2,2 %

À ces cotisations s'ajoute une contribution à la formation professionnelle (de l'ordre de 0,1 % à 0,3 % du CA selon l'activité) et, dans certains cas, une taxe pour frais de chambre consulaire. Ces prélèvements marginaux figurent sur le même bordereau URSSAF et sont souvent oubliés dans les estimations « au doigt mouillé ».

L'ACRE : un coup de pouce la première année

L'aide à la création ou à la reprise d'entreprise (ACRE) allège les cotisations sociales en début d'activité. Pour un micro-entrepreneur qui y est éligible, elle prend la forme d'une exonération partielle d'environ 50 % des cotisations sociales pendant les quatre premiers trimestres civils d'activité. Concrètement, un prestataire de services dont le taux plein est de 21,2 % ne sera prélevé qu'à un taux réduit (de l'ordre de 10,6 %) durant cette première période. L'ACRE est accordée sous conditions et n'est plus automatique : il faut la demander et remplir les critères d'éligibilité. Son effet est réel mais temporaire, et il ne faut pas construire un modèle économique durable sur un taux qui ne vaudra que douze mois.

Du chiffre d'affaires au revenu net : la mécanique complète

Pour passer du CA au revenu réellement disponible, on enchaîne trois soustractions : les cotisations sociales, l'impôt sur le revenu, puis les charges professionnelles bien réelles que le régime ignore (achats, logiciels, assurances, déplacements). Le calculateur raisonne sur les deux premières, qui sont les prélèvements obligatoires ; la troisième dépend de votre activité et reste à votre charge sans aucune déduction fiscale ni sociale. Le schéma ci-dessous résume la logique de calcul.

La logique de calcul du revenu net
CA encaissé × taux URSSAF = cotisations CA encaissé cotisations impôt = revenu net

Les cotisations se calculent sur le CA brut ; l'impôt, lui, se calcule sur le CA après abattement forfaitaire (voir plus loin).

L'impôt sur le revenu : abattement forfaitaire ou versement libératoire

Pour l'impôt, deux voies existent. Par défaut, votre bénéfice imposable est déterminé en appliquant au CA un abattement forfaitaire représentatif des charges : de l'ordre de 71 % pour la vente, 50 % pour les prestations de services BIC et 34 % pour les BNC. Le montant restant après abattement s'ajoute à vos autres revenus du foyer et est soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Ce système est favorable à celui qui a peu de charges réelles, puisque l'abattement est presque toujours plus généreux que ses dépenses effectives.

La seconde voie est le versement libératoire de l'impôt sur le revenu. Sur option, vous payez l'impôt en même temps que vos cotisations, sous forme d'un pourcentage supplémentaire du CA : environ 1 % pour la vente, 1,7 % pour les prestations de services BIC et 2,2 % pour les BNC. L'option n'est ouverte que si le revenu fiscal de référence (RFR) du foyer, deux ans auparavant, ne dépasse pas un certain plafond par part. Le versement libératoire est intéressant si vous êtes imposable ; il devient pénalisant si votre foyer n'aurait, de toute façon, pas ou peu payé d'impôt, puisque vous versez alors 1 à 2,2 % du CA pour rien. C'est un arbitrage à refaire chaque année en fonction de la situation globale du foyer.

Où va un CA type de prestataire de services (exemple)
CA 100 % Revenu net disponible — 64 % Cotisations sociales — 24 % Impôt et contributions — 12 %

Exemple illustratif hors ACRE et hors charges réelles ; la répartition varie fortement selon l'activité, le taux d'imposition du foyer et les dépenses professionnelles.

Un exemple chiffré complet

Prenons un consultant en profession libérale (BNC) qui facture 60 000 € de CA sur une année pleine, hors première année et sans ACRE. Ses cotisations sociales, à un taux d'environ 24,6 %, s'élèvent à près de 14 760 €. S'il a opté pour le versement libératoire à 2,2 %, il verse en outre 1 320 € d'impôt prélevés au fil des déclarations. Il reste donc, avant charges professionnelles, de l'ordre de 43 900 €. Mais ce consultant supporte aussi des dépenses réelles que rien ne déduit : logiciels, déplacements, assurance, matériel, formation, disons 6 000 € par an. Son revenu net réellement disponible tombe alors autour de 37 900 €, soit à peine 63 % de son chiffre d'affaires affiché. S'il n'a pas opté pour le versement libératoire, le montant après abattement de 34 % (soit 39 600 € imposables) s'ajoute aux revenus du foyer et suit le barème progressif : selon la tranche marginale, l'impôt peut être supérieur ou inférieur au forfait de 2,2 %, d'où l'importance de comparer les deux options chaque année.

Ce même exercice, mené pour un commerçant à faible marge ou un artisan chargé en achats, donnerait un résultat encore plus défavorable : c'est exactement le profil pour lequel le régime forfaitaire coûte cher, puisque des cotisations calculées sur le CA brut ignorent une structure de coûts pourtant lourde. À l'inverse, un prestataire intellectuel sans achats conserve une part très élevée de son CA et n'a, la plupart du temps, aucun intérêt à quitter la micro tant qu'il reste sous les plafonds.

La franchise en base de TVA et ses seuils

Le micro-entrepreneur bénéficie en principe de la franchise en base de TVA : il ne facture pas de TVA à ses clients et n'en récupère pas sur ses achats. C'est un avantage commercial vis-à-vis d'une clientèle de particuliers, et une simplification comptable. Mais la franchise a ses propres seuils, distincts des plafonds du régime micro : au-delà d'un certain CA (de l'ordre de 85 000 € pour la vente et 37 500 € pour les services, avec des seuils majorés de tolérance), vous devenez redevable de la TVA et devez la facturer, la déclarer et la reverser. Ce basculement peut intervenir alors même que vous restez sous les plafonds micro. Il change la relation client (prix TTC pour les particuliers) et alourdit la gestion. Ces seuils de franchise ont fait l'objet de débats et d'ajustements récents : vérifiez toujours la valeur applicable à l'année en cours.

La CFE et les autres charges à ne pas oublier

La cotisation foncière des entreprises (CFE) est due dès la deuxième année d'activité, même sans local dédié : elle repose sur une base minimale fixée par la commune. Son montant, souvent de quelques centaines d'euros, tombe en fin d'année et surprend ceux qui l'avaient omis dans leur prévisionnel. Une exonération existe la première année et, sous conditions, pour les CA très faibles. À cela s'ajoutent, selon les métiers, une assurance responsabilité civile professionnelle, une éventuelle assurance décennale dans le bâtiment, et les frais bancaires d'un compte dédié. Autant de dépenses réelles que le régime forfaitaire ne prend jamais en compte.

Protection sociale : ce que le régime couvre, et ses limites

Les cotisations versées ouvrent des droits : assurance maladie-maternité, allocations familiales, retraite de base et complémentaire, invalidité-décès. Mais parce que l'assiette est le CA après abattement, et non un bénéfice ou un salaire, la protection reste souvent modeste. La validation des trimestres de retraite exige un CA minimum ; en dessous, une année d'activité peut ne valider aucun trimestre. Les indemnités journalières en cas d'arrêt sont calculées sur des revenus déclarés faibles et peuvent s'avérer dérisoires. Le micro-entrepreneur ne cotise pas à l'assurance chômage au titre de son activité. Ces limites sont acceptables au démarrage, mais deviennent préoccupantes quand l'activité devient la source principale de revenus : c'est un signal, parmi d'autres, qu'il faut réévaluer sa structure.

Il faut aussi anticiper les effets de seuil sur la couverture santé et la prévoyance : beaucoup de micro-entrepreneurs souscrivent une complémentaire santé et un contrat de prévoyance individuels pour compenser la faiblesse des garanties de base, dépenses qui, là encore, ne réduisent ni les cotisations ni l'impôt. La retraite mérite une attention particulière : sur une carrière entière menée en micro, les droits accumulés peuvent rester très en deçà de ceux d'un salarié à revenu équivalent. Intégrer cette réalité dans un plan d'épargne retraite personnel, dès que l'activité le permet, fait partie d'une gestion prudente du régime.

Trois repères chiffrés à garder en tête
188 700 € plafond CA activités de vente 77 700 € plafond CA services et BNC 4 trimestres d'ACRE exonération ~50 %

Repères 2026 donnés en ordre de grandeur ; ils sont réévalués périodiquement et doivent être vérifiés chaque année.

Quand quitter la micro pour le réel ou la société ?

Le régime micro cesse d'être avantageux dès que vos charges réelles dépassent nettement l'abattement forfaitaire. Un artisan qui achète beaucoup de matières, un prestataire qui sous-traite ou embauche, un commerçant à faible marge : tous paient des cotisations et un impôt calculés sur un CA qui surestime largement leur bénéfice réel. Passer au régime réel de l'entreprise individuelle permet alors de déduire les charges effectives et de n'être imposé et de ne cotiser que sur le bénéfice. Notre comparatif entre micro-entreprise et régime réel détaille les seuils de bascule et les cas de figure typiques.

Au-delà du réel, la création d'une société (EURL, SASU) devient pertinente quand l'activité grossit : elle sépare le patrimoine, ouvre des options d'optimisation de la rémunération et du dividende, facilite l'association et la transmission, et offre au dirigeant assimilé salarié (en SASU) une meilleure protection sociale. Ce gain de souplesse se paie en formalisme comptable et en coût de gestion. L'arbitrage entre micro, réel et société n'a pas de réponse universelle : il dépend de votre niveau de charges, de votre taux marginal d'imposition, de vos objectifs de protection sociale et de développement. C'est précisément le type de décision où l'accompagnement d'un expert-comptable est déterminant : lui seul peut chiffrer les trois scénarios sur vos données réelles et vous éviter de rester, par simplicité, dans un régime qui vous coûte plus qu'il ne vous rapporte. Le calculateur ci-dessus vous donne la première estimation ; le professionnel transforme cette estimation en décision.