Identifier le ou les destinataires du mail professionnel
Avant même de se lancer dans la rédaction d’une accroche courte, simple et concise dans le champ « objet du mail », il s’agit de bien déterminer le profil du ou des destinataires. En pratique, il sera plus facile d’avoir tant sur le fond que la forme un mail plus complet et même moins convivial pour un seul destinataire. Si, pour exemple, vous avez besoin de convier plusieurs personnes avec un mail, celui-ci se doit d’être plus court et plus convivial pour la simple et bonne raison que d’adresser un même mail à plusieurs personnes noie plus logiquement la chaîne des responsabilités. En d’autres termes, chaque destinataire comprendra que les demandes formulées par mail ne l’engagent pas de la même manière sur une réponse, se dédouanant plus facilement sur la potentielle réponse des autres destinataires. Ce principe est limitant et vous oblige donc à penser à utiliser le mail de manière attractive et conviviale principalement pour une plus grande distribution de ce dernier et pour des actions de communication appelant à moins d’engagement.Si vous avez une proposition de valeur à faire, il convient de réfléchir à une autre forme de mail, sur la forme, avec une construction html et un broker pour le routage ; il s’agit là d’actions d’e-mailing qui nécessitent d’autres compétences et d’autres conceptions en fonction d’objectifs précis.
Prendre le temps de bien rédiger l’objet de l’e-mail
L’objet du mail est essentiel pour plusieurs raisons. D’abord, certaines personnes travaillent beaucoup par l’envoi et la réception de courriels. Dans ce cas, l’accroche doit être suffisante pour attirer l’attention même si le traitement des mails est parfaitement opéré chez votre destinataire. Ensuite, l’objet doit permettre de facilement identifier sinon l’émetteur du mail, au moins le dossier en cours afin d’aider le destinataire dans son traitement. Enfin, l’objet du courriel est par définition le seul moyen, passé le cap technique de la délivrabilité, de s’assurer d’un réel bon taux d’ouverture. Appliquez ces trois règles pour sa rédaction : Bref, précis et clair.- Il doit être bref parce que vous devez vous assurer que le destinataire comprenne rapidement de quoi il retourne et ne se noie pas dans des conjectures avant la lecture même du courriel ;
- Il doit être clair parce que c’est un excellent moyen de déclencher l’action, de provoquer l’envie de cliquer sur le mail ;
- Il doit être précis parce que, alors même qu’un destinataire ne regardera pas toujours le fond du mail tout de suite, il s’en souviendra plus facilement.
- Faire une phrase nominale (n’utilisez pas de verbe conjugué) ;
- Évitez les articles, déterminants et liaisons tant que possible ;
- Limitez-vous à quelques mots (idéalement 3 ou 4, moins de 8).
Formule et corps du message d’un courriel professionnel
En reprenant le cas d’un seul destinataire, votre mail commencera assurément par une formule simple dépendant de votre connaissance du destinataire. Ce peut donc être simplement :- Bonjour Stéphane (voire Salut Stéphane pour un partenaire ou même un client avec lequel vous avez sympathisé) ;
- Bonjour M. X (pour un prospect ou un client connu) ;
- Monsieur le Directeur (pour une personne dont vous ne connaissez pas le nom ; Notez ici qu’il est très intéressant, si possible, d’avoir une copie avec une personne connue des deux tiers et de préciser ensuite que vous avez eu les coordonnées par un collaborateur. Énoncer une fonction seule a le désavantage de créer une distanciation non maîtrisée conduisant souvent à une non-réponse) ;
- Madame X, C’est nettement mieux que dans la version précédente avec un titre ou une fonction (le but dans les échanges clients/fournisseurs), vous engagez une « relation épistolaire » avec un tiers qui peut par exemple être un prospect.
- Madame, Monsieur pour les personnes que vous ne connaissez pas. Ici, considérez que l’importance et la teneur du message risquent de ne pas avoir les effets escomptés, passez obligatoirement par d’autres modes de communication pour appuyer le courriel envoyé.
De même, l’objet, la formule et le corps vont différer selon la manière dont le premier contact s’est construit : Si c’est une demande d’un prospect, vous gagnez beaucoup de temps sur la suite. Si c’est vous qui proposez vos services, la succession de mails sera complétée par une succession de contacts a minima téléphoniques.Synthétiser le corps du message sera ensuite nécessaire et marquera votre professionnalisme. Entrez ainsi immédiatement dans le vif du sujet avec la formule de politesse adéquate au besoin. Même lorsque vous devez exprimer un mécontentement, un rappel des faits préalables par exemple, implique une précision clarifiée pour le destinataire : « Bien qu’ayant passé ma commande au mois de mai, je n’ai toujours pas eu de réponse de votre part au mois de juin… » Pour un devis envoyé suite à la rencontre : « Pour faire suite à notre entretien du xxx pour la conception de votre site vitrine, permettez-moi de vous adresser ci-jointe notre proposition reprenant :
- Point 1
- Point 2
- Point 3 ».
Conclure un mail performant et signature
Il n’est pas nécessaire, le plus souvent, d’être très complet sur cette partie, un peu comme lorsque l’on rédige une conclusion de dissertation. Le plus souvent, la formule de politesse sera a peine observée dans un mail. Toutefois, il faudra ici prendre soin d’y avoir recours en fonction toujours du destinataire et du degré de relation commerciale que vous avez avec lui/elle. Dans la mesure du possible, jouez la variété entre :- Cordialement,
- Bien cordialement, (si certains en sont irrités, ça marche en pratique toujours) ;
- En vous souhaitant une bonne (agréable) journée,
- En vous remerciant par avance,
Relancer un destinataire sans abîmer la relation
Un mail resté sans réponse n'est pas forcément un refus. Votre interlocuteur l'a peut-être lu entre deux rendez-vous, puis oublié sous une pile de messages plus urgents. La relance fait donc partie du processus, à condition de la préparer avec la même attention que le premier envoi. Laissez passer un délai raisonnable, proportionné à l'enjeu et au rythme habituel de votre interlocuteur : quelques jours pour un devis attendu, davantage pour une prise de contact à froid.
Répondez dans le même fil plutôt que de créer un nouveau message : le destinataire retrouve ainsi immédiatement le contexte, sans avoir à chercher votre envoi précédent. Ajoutez une information nouvelle à chaque relance, même modeste : une date de disponibilité, une précision sur le délai de réalisation, une réponse à une question qui n'avait pas été posée mais que vous anticipez. Une relance qui se contente de demander si le premier mail a bien été reçu n'apporte rien et place votre interlocuteur en position d'excuse, ce qui n'est jamais confortable.
Fixez-vous enfin une limite. Après deux relances écrites sans réponse, changez de canal : un appel bref ou un message vocal suffit souvent à débloquer la situation. Si le silence persiste, un dernier mail courtois, qui indique que vous clôturez le dossier tout en restant disponible, laisse une porte ouverte et une image professionnelle.
Les erreurs qui font perdre une affaire
Certaines maladresses ruinent en une ligne le travail d'un premier rendez-vous réussi. Les repérer permet de les éviter dès la relecture :
- La pièce jointe oubliée : annoncer un devis et ne pas le joindre oblige à un second envoi qui trahit la précipitation. Joignez le fichier avant même de rédiger le corps du message ;
- Le fichier mal nommé : un document intitulé de façon générique se perd dans les téléchargements de votre client. Indiquez l'objet, le nom du client et la version ;
- Le mauvais destinataire : la saisie automatique des adresses réserve parfois de mauvaises surprises. Vérifiez le champ destinataire en dernier, surtout lorsque le message contient des informations tarifaires ;
- Le message écrit sous le coup de l'émotion : face à un client mécontent ou à un fournisseur défaillant, rédigez votre réponse, puis attendez avant de l'envoyer. Relu à froid, le texte gagne presque toujours en précision et perd en agressivité ;
- La réponse à tous systématique : elle encombre les boîtes de personnes qui n'ont pas besoin de l'information et dilue encore la responsabilité de la réponse ;
- Le jargon interne : les sigles et les noms de projet propres à votre entreprise sont limpides pour vous, pas pour votre client.
Questions fréquentes sur le mail professionnel
Faut-il vouvoyer un client qui vous tutoie par mail ?
Rien ne vous y oblige, mais suivre le registre choisi par votre interlocuteur facilite souvent la relation. Dans le doute, conservez le vouvoiement tant que vous n'avez pas échangé de vive voix : il est plus facile de passer au tutoiement que de revenir en arrière.
À quel moment envoyer un mail commercial ?
Il n'existe pas d'horaire idéal valable pour tous. Observez plutôt les habitudes de vos interlocuteurs : heure à laquelle ils vous répondent, jours où ils sont en déplacement. Évitez simplement les envois tardifs le soir ou le week-end, qui donnent une impression de désorganisation, et utilisez si besoin l'envoi programmé de votre messagerie.
Peut-on utiliser des modèles de mails ?
Oui, et c'est même recommandé pour les messages récurrents : confirmation de rendez-vous, envoi de devis, relance de facture. Un modèle fait gagner du temps et harmonise les pratiques de l'équipe. Personnalisez toujours au moins la formule d'appel et une phrase du corps pour que le destinataire ne se sente pas traité en série.
Que faire après une erreur dans un mail envoyé ?
Si l'erreur est mineure, une coquille par exemple, mieux vaut ne rien renvoyer. Si elle porte sur un prix, une date ou un destinataire, envoyez rapidement un message court qui corrige l'information sans longues excuses. La réactivité rassure davantage que la perfection.